Il sera… Science fiction

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26. Première sommation

 

Elle les avait vus, il n’y avait aucun doute là dessus. Xa avait posé Waff sur le sol du zark et regardé son collègue. Miox avait complètement oublié la place des Gargouilles. Un instant auparavant, son excitation avait pourtant été à son comble. Il était impatient de montrer à Xa qu’on n’avait rien à lui apprendre, qu’il avait du métier et qu’on ne l’avait pas surnommé le Fliqueur Calmeur pour rien. Mais son esprit avait accueilli ce nouvel événement comme l’eut fait un enfant à qui l’on donne un nouveau jouet. Il voulait à présent attraper les deux « dangereux » suspects pour les calmer.

— Se sont catapultés sur le côté, à gauche, avait-il dit, comme si elle ne l’avait pas vu. Occupe-t’en. Rattrape-les.

Xa avait ouvert un petit couvercle au bout de son accoudoir gauche, juste sous l’index. Il dissimulait le bouton qu’il fallait garder enfoncé pour rester en pilotage oculaire. Elle l’avait pressé.

— < Pilotage oculaire sollicité, avait dit le véhicule. Atteinte de l’objectif place des Gargouilles annulé.

Dans ce mode de conduite le logiciel de guidage du zark se débrouillait pour rejoindre le dernier endroit de la chaussée regardé par le pilote, le plus rapidement possible. Quelques secondes plus tard, le doigt de Xa avait pressé le bouton et son regard s’était un moment posé sur le croisement pour remonter ensuite dans la rue à gauche. Le zark, obéissant, s’était engouffré dans cette voie. Ils étaient là tous les deux, la femme et l’homme.

— Ils sont là, avait dit Miox, pour dire quelque chose.

Son pouce allait et venait machinalement sur le tube lisse du calmeur qu’il tenait dans sa main gauche crispée. Xa venait de presser une dernière fois le bouton en indiquant des yeux un point de la chaussée proche des deux inconnus. Silencieux comme un félin et noir comme la panthère, le zark avait bondi.

Il était à présent à côté d’eux. Les réseaucams du blindé transmettaient tout ce qu’elles voyaient sur le Réseau, de sorte que la hiérarchie était tenue au courant de tout ce qui se passait, tant à l’intérieur que tout autour de chaque zark. Miox, de ce fait, était obligé d’appliquer les sommations d’usage. N’en eût-il pas été ainsi, son calmeur eût probablement parlé le premier. Son majeur droit toucha un bouton sous l’extrémité de son accoudoir. Le zark débita automatiquement la première sommation réglementaire.

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