Il sera… Science fiction

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47. So Zolss a racheté Génética Sapiens

 

— Et dans combien de temps penses-tu disposer du LCR de l’Organisation ? Comment le nomment-ils déjà ?

— Blisnud.X. Je ne sais pas exactement, mais bientôt, semble-t-il. Il faut que je les rencontre.

— Es-tu certaine qu’on pourra l’utiliser sans être espionnées par Zolss ?

— Je l’espère. C’est ce que je me suis fait confirmer.

— Par qui ? demanda C, bien qu’elle connût déjà la réponse.

— Par Bartol évidemment ! je n’ai vu que lui pour le moment.

— Ah ! Bartol, oui. Le type normal…

— Que veut dire ce sous-entendu encore ?

Le feu intense, caractéristique de leurs yeux, se croisa un moment à lutte égale ; la plus jeune possédait le même appareillage d’amplification visuelle que son aînée. Chacune enfonça le dard brûlant de son regard dans les prunelles de l’autre, tentant de percer la muraille mentale de son égal génétique.

— Rien, je t’assure, dit C. Parlons d’une autre chose qu’il faut régler avant ton départ pour de nouvelles aventures.

— Hum ?

— So Zolss a appelé.

— Ah ! Qu’a-t-il dit ?

— Tu vas l’écouter toi-même, proposa Sandrila Robatiny C, en sortant un cube mémoire d’une poche située sur son bras droit. Elle appuya l’objet, d’un centimètre d’arête, sur sa nuque.

— > Commande céph : Stockage de la dernière conversation avec So Zolss, demanda-t-elle.

La réponse, qui ne pouvait être entendue que par elle seule, fut aussitôt transmise à son cerveau auditif :

— < Stockage de la dernière conversation avec So Zolss terminé.

— Voilà, maman !

L’Éternelle saisit le cube et le posa à son tour sur sa nuque.

— > Commande céph : Chargement du dernier stockage.

— < Chargement du dernier stockage terminé.

Elle rendit le cube à celle qui se prétendait sa fille, avant d’ordonner :

— > Commande céph : Écoute du dernier chargement.

Pendant que les signaux modulés commençaient à parvenir aux neurones auditifs de l’Éternelle, sa jeune copie prit une position confortable dans son fauteuil épouse-forme pour l’observer avec attention.

Sandrila Robatiny écouta :

 

————————

— :: Bonjour, Mademoiselle Robatiny.

— :: Que voulez-vous Zolss ? Soyez bref ! Je n’ai guère de temps à perdre avec des charognes de votre acabit.

————————

 

L’Éternelle adressa un air de reproche, légèrement amusé, à sa sœur génétique. Celle-ci n’entendait rien mais elle devina ce qui venait d’être dit.

— Ce type est une ordure ! lui souffla-t-elle, avec une grimace de dégoût.

En réaction elle obtint un sourire affectueux accompagné d’un haussement d’épaules.

 

————————

— :: N’ayez crainte ! Mon temps est certainement bien plus précieux que le vôtre, et vous m’en avez déjà fait gaspiller beaucoup trop. Ma concision va vous ravir. J’en viens donc tout de suite aux faits. Je pense que vous avez menti. Vous n’avez aucune relation avec l’Organisation. Et même si le contraire m’était un jour démontré, cela ne représente pas une réelle menace pour moi. Il est, par contre, temps que j’applique quelques sanctions à votre encontre pour vous faire réaliser que j’en suis une pour vous. Je ne vous donne pas plus de cent heures pour me livrer ce que je vous ai demandé, au sujet des engrammes. Passé ce délai, voici ce qui vous arrivera si je n’ai pas obtenu satisfaction : Le Réseau bloquera tous les paiements effectués en faveur de la société Génética Sapiens. Aucun d’eux ne parviendra à vos comptes bancaires. Cette situation durera le temps qu’il faudra pour vous convaincre qu’il est urgent de satisfaire ma requête et que d’une manière générale il est toujours dangereux de négliger mes désirs. Je vous ai promis d’être concis. Aussi, vais-je terminer par une analyse de nos situations respectives. S’il vous venait la médiocre idée de résister en vous lançant dans un combat juridique contre moi, vous vous retrouveriez dans l’impossibilité de communiquer avec qui que ce soit à l’aide de votre céph. À moins que vous ne possédiez réellement le LCR de l’Organisation ! Mais j’en doute fort. Aucune des équipes d’infos ne pourra vous venir en aide évidemment, je les contrôle toutes. Vous resterez donc seule avec vos problèmes de trésorerie. Bientôt, toute cette aimable population écoutera ces mêmes infos pour apprendre que So Zolss a racheté Génética Sapiens. Il ne pouvait pas supporter le tourment des employés de cette grande société qui allaient se retrouver dans la misère, par la faute d’une mauvaise gestion pratiquée par Sandrila Robatiny. Depuis quelque temps, elle ne se sentait plus capable d’assumer la bonne marche de ses affaires. Elle avait même sollicité des conseils auprès de son ami So Zolss. Devant la détresse de cette femme fatiguée, il décida de sauver cette entreprise, agonisant sous ses dettes. Comme vous pouvez le constater, tout ce que je viens de dire peut se réaliser à court terme. Vous savez que je suis en mesure de vous écraser. Cent heures, n’oubliez pas… Cent heures à partir de minuit. Cent heures… pas une seconde de plus. Au revoir, Mademoiselle Robatiny.

—————————

 

L’enregistrement s’arrêtait là.

— C’est tout ?

Le clone confirma d’un signe de tête avant de proposer :

— S’il nous empêche de communiquer avec la céph, nous pourrons toujours nous procurer d’anciennes vidéo-plaques, celles qui ne tiennent pas compte du code génétique de l’utilisateur. Comme celle de ton Bartol.

L’Éternelle préféra ignorer l’adjectif possessif qui précédait Bartol pour répondre :

— Mais le modèle utilisé par Bartol a un identificateur génétique. Depuis que Zolss l’a décidé, il y a environ deux ans, le Réseau refuse de servir les vidéo-plaques dont tu parles. Tous les appareils ou systèmes de connexion au Réseau doivent identifier l’utilisateur, sous peine de se voir refuser l’accès… Je pensais que tu savais cela.

— Il y a bien longtemps que je n’ai pas eu l’occasion d’utiliser une vidéo-plaque aussi ancienne. Je n’ai pas pu constater qu’elles ne se connectaient plus. Il faut dire, que… quand on est la fille d’une femme aussi riche que toi, on n’utilise pas souvent du matériel vétuste, n’est-ce pas !

— Hum !

— Alors ! mère ! que faisons-nous ?

— Nous allons combattre ce fat. Toutes nos forces doivent être tendues vers ce but. Nous le détruirons. Il n’en restera plus rien. Cette nuit, je contacterai l’Organisation. Je tâcherai de savoir si elle peut nous être utile… Il y a de fortes chances pour qu’elle le puisse………… Si en dernière limite je constate que non, alors… je trouverai autre chose. Mais… je suis certaine de le vaincre. Dussé-je lui percer le crâne moi-même !

— Je continue à te remplacer donc !

— Oui tu fais ça très bien. Je t’ai vue plusieurs fois aux infos, tu as beaucoup d’allure.

Elles se sourirent.

— Et s’il rappelle.

— S’il te rappelle… D’abord tâche d’être moins emportée. Ne l’insulte pas. Je ne lui ai jamais donné cette habitude, il finirait par trouver ça étrange. Ensuite, je vais t’expliquer ce que tu lui diras. Tu vas voir que j’ai de quoi réduire son arrogance d’une manière significative.

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