Il sera… Science fiction

Science fiction    

 

 
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55. Je me souviens :
Ça le fait pas jouir d’être prisonnier

 

Comment pourrais-je fidèlement, je veux dire sans oublier le moindre détail, vous retranscrire ce que nous avons vécu ce jour-là ? C’était une grande aventure pour l’enfant que j’étais. Pour Drill aussi bien sûr ; comme toujours, il avait beau faire le dur, il était tout aussi impressionné que moi. Tout d’abord, dès que nous fûmes entrés, nous eûmes un choc, le même tous les deux, nous partageâmes la même écrasante impression. Cet appartement n’était pourtant pas particulièrement luxueux, c’était une habitation moyenne, mais nos yeux virent un palais merveilleux, la demeure fastueuse de quelque puissant, la résidence d’un dieu. Le sol était incroyablement lisse, propre, clair. Les murs aussi, si propres, si nets ! Les meubles… que dire des meubles… la table était si belle… je ne saurais vous expliquer…

Cette première émotion passée, nous réalisâmes que nous n’étions même pas dans un quartier riche et que, par conséquent, ces lieux n’avaient probablement rien d’extraordinaire. Alors… je sais que Drill l’a vécu comme moi, car nous en avons parlé plus tard, nous prîmes véritablement conscience de notre extrême indigence, du dénuement dans lequel nous avions vécu jusqu’alors. Nous éprouvâmes un malaise obscur. D’une certaine manière, nous eûmes mal dans notre cœur, non pas que nous fûmes révoltés, jaloux de ce luxe, nous ne ressentîmes pas un sentiment d’injustice, non, rien de tout cela. Nous eûmes honte d’être si sales, si pauvres, si peu de chose… Nous fûmes gênés d’être ce que nous étions, voilà ce que nous dûmes lourdement porter sur nos épaules. C’était un bien désagréable fardeau. Mais il y eut aussi de très bons moments.

Je me souviens :

 

***

On entre chez le Dehors. Drill le fait asseoir dans un fauteuil et lui demande de se tenir tranquille :

— Reste là et colle ta langue ! dit-il. J’te conseille de broncher mini.

C’est un très beau fauteuil, bien plus beau encore que ceux que j’ai vus dans le roulant. Mais il n’y a pas que ça de beau. Tout est beau et propre. Nous n’en avons pas l’habitude, Drill et moi. Cette ambiance nous choque l’esprit. Je suis tellement surpris par ce que je découvre que je tourne la tête dans tous les sens comme si j’étais dans un monde magique. Drill a l’air aussi embarrassé que moi, je le sens. Il y a cinq pièces, toutes pleines de lumière et de choses étranges. Sur un des murs, se trouve une grande vidéo-plaque. Je n’en avais jamais vu de si grande, trois mètres de large sur un mètre cinquante de hauteur au moins. Drill me regarde, je le regarde aussi. Chacun cherche son copain dans les yeux de l’autre. On a besoin d’être rassuré. C’est trop propre et trop beau autour de nous. Ça nous fait paraî­tre encore plus crasseux. C’est comme si cette baraque nous faisait comprendre qu’on n’est pas chez nous. Je pose nos deux sacs de camouflage dans un coin, je portais aussi celui de Drill, et je me force à être moins timide. C’est que… je viens de m’apercevoir que j’avais les fesses serrées, les orteils crispés et je n’osais même pas bouger. Mon copain se décoince aussi. L’esprit choqué au maxi, on commence à découvrir et à toucher ce qui est autour de nous. Mais on se retourne toutes les minutes pour nous regarder, moi et Drill. À croire qu’on a peur de se perdre. Pour un peu on se tiendrait la main, vous parlez de terreurs qu’on voudrait bien faire croire que nous sommes ! On n’explore pas trop. Juste un coup d’œil dans les autres pièces. Sans même ouvrir les portes en grand. Bizarre comme impression. C’est comme si on avait peur de notre audace de tout à l’heure. Il faut dire que la baraque nous paralyse un peu. Nous avons peut-être peur qu’elle soit capable de se défendre seule. Je m’approche de Drill. On tourne le dos au Dehors. On se fait sauter une koki sur la langue. On se fait un coup de paupière, genre « Tout va bien j’suis ton copain » et, chacun de son côté, mais pas trop loin l’un de l’autre, on repart en inspection des lieux. Au bout d’un moment, j’avise un cadre, sur un mur. Il est carré, avec une sorte de poignée dans sa partie basse. Curieux, je la tire, mais rien ne bouge. Je tire plus fort… rien, zéro de rien ! Plus fort encore… Rien zéro ! Zéro de rien ! Drill vient essayer. Il tire de toutes ses forces mais rien zéro pour lui aussi.

— Il ne faut pas tirer, mais soulever pour ouvrir cette porte, dit le Dehors.

— Hé ! hurle Drill, je t’ai dit de coller ta langue, toi ! On t’a rien demandé. D’ailleurs, on n’a plus besoin d’une visquerie comme toi. J’ai bien envie de te terminer.

Il se jette sur le Dehors et lui place le couteau sous la gorge. Le mec verdit maxi.

— J’le termine maintenant ? il me demande.

— Non, je lui dis en balançant la tête. Non laisse le vivre. L’est pas méchant. C’est pas sa faute, si c’est un Dehors. Laisse-lui son cuir.

Drill le lâche et le regarde d’un air menaçant.

— T’as de la chance. J’te l’dis ! Mon ami est plus gentil que moi. S’il m’avait pas retenu… J’t’aurais pourri la vie. J’te l’dis. Mais parle plus, si tu veux sauver ton cuir. Compris ? Sinon…

Le mec bronche mini. Il se masse le cou en baissant les yeux. Moi, je sais que Drill raconte des bouffonnages. Il ne l’aurait jamais tué et il sait que je le sais, mais il aime bien faire le méchant. Alors bon ! Je lui fais plaisir, je marche dans son super schéma. Ça lui enchante l’âme et ça bouffe pas un rank ! Alors…

Je soulève la poignée. Il y a comme un petit déclic et la porte s’ouvre seule. En montant elle disparaît dans le mur. Drill et moi on a l’esprit choqué, mais on fait comme si on avait l’habitude de voir ça tous les jours. On n’aime pas être étonnés devant le Dehors. Derrière la porte, c’est plein de boîtes transparentes avec de la bouffe dedans. Un max de choses à manger. Plusieurs sortes de bâtonnets d’Anciengoût, de l’algante verte, des trucs qui ressemblent à des légumes, et aussi des drôles de sortes de… Je ne sais même pas ce que c’est. Mais… ni de la pâte, ni des granulés de Moclandd, j’en vois pas.

— Hééééé Plutôt géant ça. T’as pas faim, petit fécal ? me murmure Drill en se penchant vers moi.

Il prend une boîte de bâtonnets d’Anciengoût orange et en essayant de l’ouvrir il me demande :

— Comment ça s’ouvre c’te sal’rie ? Et en plus, c’est cru on dirait. Comment faire cuire cette puterie de bouffe de riche ?

Il se met en nerfs sur la boîte en la tournant dans tous les sens :

— Ah ! puterie de puterie !

Juste à ce moment-là, le Dehors se remet à parler avec ses mots à lui :

— Si vous avez faim, vous pouvez disposer du cuisinier, il dit. Je serais ravi de vous faire une démonstration de son fonctionnement. Mais…vous n’obtiendrez rien de satisfaisant en essayant d’ouvrir ces boîtes vous-mêmes. Il serait plus opportun de laisser l’appareil se charger de tout.

On n’a rien cerveauté bien sûr. Zéro de rien ! Pas un seul mot ! Drill me regarde avec des grands yeux étonnés. Il ne sait pas trop comment réagir. Il hésite un moment puis il se met en nerfs maxi.

— Puterie de bordellerie, il hurle. C’est quoi ces trépaneries ? On est tombé sur un zombifié du crâne. Juste à nous, ça nous arrive. Pour la première fois que j’arrive à rentrer chez un Dehors, on tombe sur un fou. On cerveaute que la moitié de ce qu’il raconte. C’est un trépané.

Il s’arrête de crier un moment. D’après son front plein de plis, on dirait que c’est pour se gratter le cerveau. Il reprend en s’adressant au Dehors :

— Hé ! c’est quoi ton super schéma ? Tu comptes nous mixer la tête avec tes mots plein de trépaneries de trépané ? Tu cherches à gagner du temps… Hein ! T’as peut-être déjà prévenu les fliqueurs. Hein ? Hum ?

Il attrape le Dehors par le col et le secoue maxi en lui hurlant à bout portant dans l’âme. L’autre, il bronche vraiment mini. Il a un air pas trop géant, du genre : « Salerie de visquerie ! pourquoi je suis sorti ce soir ! »

— Je puis vous assurer que je n’ai prévenu personne, dit-il, entre deux râles.

— Il vaut mieux pour toi, reprend Drill. Il vaut mieux pour ton cuir. J’te l’dis ! C’est pas des bouffonnages. J’te l’dis ! J’espère que tu cerveautes bien ce que je te dis. Faut pas me boulimiser les testicules !

Il s’approche de moi et me souffle dans la feuille droite :

— À la moindre alerte, on se catapulte.

— Tu as souvent parlé avec des Dehors ? je lui demande.

— Ben non ! C’est plutôt moi qui leur parle d’habitude.

— C’est peut-être leur langue, après tout on n’en sait rien. Moi, ça me rappelle les livres. Souviens-toi, ils sont pleins de mots de ce genre, souvent. Une fois aussi, des gens sont arrivés au ghetto. Une famille. Ils parlaient tous un peu comme ça. Sont pas restés longtemps. Deux jours à peine. N’ont pas supporté le ghetto. Ils se sont fait béatiser.

Drill me répond doucement en tournant le dos au type.

— J’sais pas moi. Je lis que les lettres. Maman m’a pas encore appris les mots. Juste un ou deux mots faciles seulement.

Oui, depuis quelque temps, Drill appelle maman, maman lui aussi. Au début j’étais un peu jaloux, mais maintenant ça ne me gêne plus. Au contraire, ça me sucre même le cœur. C’est comme si j’avais un frère. Il me murmure :

— C’est bizarre, il me bloque, ce Dehors, je devrais lui dire « Colle ta fécalerie de langue » et lui donner des coups, normalement. Je lui ai dit de la coller et il parle encore. J’ai envie de lui pourrir la vie, mais il me bloque, ce visqueux, avec ses visqueries de mots trépanesques.

Il est comme ça Drill, il superlative souvent un max, il produit des grossièretés comme les oiseaux des cuicuis !

— Ben… Je réponds, laisse-le. Il n’est pas méchant, j’te dis. Je crois qu’il veut nous aider.

— Parle-lui, toi, alors. Il me mixe le cerveau à moi. Cerveaute rien zéro, zéro de rien, à ses trucs, moi !

Je vais voir le type sur son fauteuil et je lui demande :

— Vous voulez nous expliquer pour la bouffe ?

— Mais bien entendu ! Que souhaiteriez-vous manger ? Entre autres mets, je peux vous proposer des poissons, de la viande rouge, du poulet, des algues, des sauterelles… Le poisson c’est du vrai poisson, je veux dire qu’il n’est pas moléculairement assemblé. Si vous m’autorisiez à quitter temporairement ce fauteuil, je me ferais un plaisir de vous montrer comment obtenir un menu à votre convenance en utilisant le cuisinier.

Je cerveaute que la moitié de ce qu’il raconte, mais je lui fais confiance. Moi, j’aime bien comme il parle. J’aimerais parler comme lui. On comprend pas grand-chose mais on sent que ça veut dire plus qu’un parler normal. Oui, je sais, c’est à chier comme un furieux ce que je dis. Mais, moi, je le ressens comme ça. J’ai l’impression qu’il parle comme sa cabane. Je veux dire, son parler est beau comme ce qui est chez lui. Ce doit être un parler de riche, pas un parlage de fou.

— Superdac, je lui dis, au mec, montrez-nous ça.

Il se lève avec une tête de ravi maxi et marche vers Drill. Je l’accompagne. Drill le regarde approcher avec la tronche d’un mec qui découvre un mille-pattes avec cinq cents paires de chaussettes.

— Voilà, explique le Dehors, en s’adressant à Drill, vous pouvez replacer la boîte de poulet dans le compartiment de stockage du conservateur alimentaire. Nous allons utiliser le cuisinier. Je vais vous montrer comment tirer parti de cet appareil.

Drill lui tend la boîte en haussant les sourcils. Pendant que le Dehors la remet à sa place, il me regarde et me fait des signes pendant que le mec est tourné. Il fait tourner son index sur sa tempe pour me dire qu’il a le crâne qui bout. Le Dehors enfonce la tête dans le compartiment de stockage de son conservateur alimentaire pour remettre de l’ordre. Je crois qu’on a foutu un peu l’hyperpanique dedans. Drill en profite pour s’approcher de moi et me souffle :

— T’as cerveauté c’qu’il a dit ?

— Non.

Il prend un air du genre « Sais pas si tu t’en rends compte mais… » pour m’expliquer à voix basse :

— Il a dit qu’il va nous montrer comment tirer les parties de sept appareils. L’a le crâne qui bout, j’te dis. L’a des boyaux d’la tête qu’ont pété au maxi.

Il me fait encore signe avec le doigt que le mec est démoli du crâne. Le Dehors referme la porte du conservateur alimentaire et nous fait signe de le suivre. On change de pièce. Juste de l’autre côté du mur, il y a une machine orange, très belle qui brille. Grande du sol jusqu’au plafond. Le Dehors touche un bouton. Des lignes d’écriture s’écrivent sur une vidéo-plaque.

— Voilà le cuisinier. Il utilise le stock de nourriture se trouvant dans le conservateur, de l’autre côté du mur. Voyez, vous n’avez plus qu’à choisir selon votre convenance. Vous pouvez faire défiler la liste des choix, dans un sens ou dans l’autre, à l’aide de ce petit curseur, qui est d’un usage fort commode. Il suffit de le déplacer vers le haut ou vers le bas. Pour effectuer votre sélection, touchez simplement du doigt la ligne faisant l’objet de votre choix. Regardez, par exemple : si je touche « canard à l’orange », la ligne passe en vidéo inversée. Si d’aventure je me trompe, je touche « canard à l’orange » une seconde fois, et le mets n’est plus sélectionné. Au moment venu, c’est-à-dire quand vous estimerez que votre sélection est correcte et définitive, vous toucherez : « Préparer les repas », en haut, là. Voilà ! c’est fort simple, convenons-en. C’est un vieux modèle sans interface vocale, mais il fonctionne parfaitement. Je vous cède ma place, allez-y.

Le Dehors retourne s’asseoir. Drill et moi, on le regarde par la porte ouverte. Il retourne tout seul sur le fauteuil et nous laisse avec sa machine. Nous sommes tous les deux cerveau mixé maxi.

— Vas-y, toi ! Touche avec ton doigt petit fécal, me dit Drill. Tu sais mieux lire que moi. Voilà ! C’est fort et simple ! « convenonzan ». Je te cède ma place bordellerie de bordellerie !

Je souris.

— Et…Si on lui demandait de lire pour nous ?

— On ne va pas montrer à un visqueux de Dehors qu’on sait pas lire. Il va se moquer. Essaye un peu. On va se gratter le cerveau sur cette machine, tu vas voir. Attends, laisse-moi faire.

Drill se met à appuyer partout sur toutes les écritures de la vidéo-plaque. Il trafique le bidule un bon moment et d’un seul coup les écritures changent. À la place de toutes les petites lignes, il y en a une grosse, avec écrit dessous : « Oui » et « Non ». Ça, je sais le lire et j’en suis un peu fier. Je le dis à Drill.

— Hé ! regarde là. C’est écrit : « Oui » et « Non ».

Ses yeux se mettent à briller d’excitation et il sourit comme un ravi.

— Tu as vu, qu’on peut se débrouiller tout seul !

Il lit plusieurs fois les mots à voix basse. Je l’entends dire : Oui… Non… Oui… Non…Oui… Non…

— Bon ! On fait quoi maintenant ? il me demande. Elle commence à me visquer l’âme cette salerie de machine de Dehors fécal. Trop durficile de s’en servir. Bon ! T’as raison, on va l’appeler ce visqueux !

Il va à la porte, et gueule comme un furieux :

— Hé ! tête de féc… heu…

Il s’éclaircit la gorge et se gratte la tête avant de reprendre :

— Monsieur ! vous pouvez venir par là pour voir !

— Puis-je me réjouir de comprendre par là que vous me délivrez de mes obligations de prisonnier ? dit le Dehor.

— Heu… Par là ? Des prisonniers ?……… Non, je vois pas des prisonniers, par là ? répond Drill.

Il me regarde et il me fait signe avec le doigt que le mec a le cerveau moribond.

— T’as vu ! l’crâne qui bout, j’te l’dis. Il voit des trucs ou quoi ? Je lui dis de venir par là. Il me dit que, par là, il y a des prisonniers.

— Il a pas dit ça, c’est toi qui cerveaute pas.

— Il a dit quoi alors ?

Je réfléchis un moment pour être sûr, et je lui explique :

— Je pense qu’il a dit un truc dans le genre… heu……… que ça le fait pas jouir d’être prisonnier par là.

— Superdac !… Mais… il parle comme un trépané, ce mec. On cerveaute zéro de rien ! quand il parle.

Il va voir le type. Je le suis.

— Bon ! il lui dit, vous êtes plus prisonnier du tout. Ni par là, ni ailleurs. Superdac ?… Alors vous pouvez venir avec nous pour nous aider avec votre cuisinier. Parce que nous, on a mal aux yeux, on n’arrive pas à lire la vidéo-plaque.

Le type est tout content. Il se lève, il dit merci, et plein d’autres choses encore dans sa langue à lui :

— Merci, je vais, bien entendu, vous assister dans l’élaboration de votre repas, mais, indépendamment de cela, je souhaiterais vivement vous soumettre une requête, si toutefois vous avez la bonté de m’en donner l’autorisation, cela va de soi.

Drill le regarde avec un air genre : « Je me demande bien ce qui a pu t’arriver comme accident grave dans le crâne ». On sait pas quoi répondre, vu qu’on cerveaute zéro de rien. Mais Drill pense que c’est l’autre qui cerveaute rien. Il pense toujours que c’est un fou. Alors, il a une idée et il explique tout d’une autre manière :

— Oh ! Monsieur ! Vous venir. Vous marcher. Venir, Venir avec nous. Expliquer à nous. Machine. Manger. Expliquer miamian ! oquédacor ? Machine cuisinier. Manger miamian miamian. Vous venir ! Cerveauté ?

Il observe le mec maxi concentré pour voir s’il a cerveauté. D’un coup, le Dehors se lève et va voir le cuisinier.

— Il semblerait que vous ayez déjà effectué un choix, le cuisinier vous demande de le confirmer. Voulez-vous vraiment manger tout ça ? Heum ! non, ce n’est pas possible. Votre mal aux yeux explique sans peine l’incohérence de votre sélection. Nous allons recommencer ensemble.

Le Dehors nous lit la liste et nous demande de choisir.

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