Citations animalistes

Boris Tzaprenko. Citations animalistes

Boris Tzaprenko. Citations animalistes

 

Helmut F. Kaplan (1952)

Philosophe éthicien du droit des animaux autrichien, né le 13 octobre 1952 à Salzbourg.

Un jour, nos petits-enfants nous demanderont : Où étais-tu pendant l’holocauste des animaux ? Qu’as-tu fait contre ces crimes terrifiants ? Nous ne pourrons pas leur offrir la même excuse une seconde fois : que nous ne savions pas.

 

 

Peter Singer (1946)

Philosophe utilitariste australien, né le 6 juillet 1946 à Melbourne.

Auteur de « La Libération animale ».

Rien ne justifie de refuser d’étendre le principe fondamental d’égalité de considération des intérêts aux membres des autres espèces – hormis le désir égoïste de préserver les privilèges du groupe exploiteur.

 

 

Élisabeth de Fontenay (1934)

Philosophe essayiste française, spécialiste de la question juive et de la cause animale, née en 1934.

Il n’y a aucun fondement philosophique, métaphysique, juridique, au droit de tuer les animaux pour les manger. C’est un assassinat en bonne et due forme, puisque c’est un meurtre fait de sang-froid avec préméditation.

 

 

Le dalaï-lama (1935)

Tenzin Gyatso, 14ᵉ dalaï-lama, né le 6 juillet 1935 en Chine.

D’un point de vue bouddhique, tous les êtres sensibles – les êtres doués de sentiments, d’expériences et de sensations – sont considérés comme égaux. Nous autres, êtres humains, sommes en mesure de nous passer de viande. En tant qu’être humain, je pense que notre nature profonde nous porte au végétarisme, ainsi qu’à faire tout notre possible pour éviter de nuire aux autres espèces.

 

 

Jacques Derrida (1930)

Philosophe français, né le 15 juillet 1930 à El Biar (Algérie), mort le 8 octobre 2004 à Paris.

Dans sa dernière œuvre L’Animal que donc je suis Jacques Derrida ose employer le mot sacré « génocide » :

 Personne ne peut plus nier sérieusement et longtemps que les hommes font tout ce qu’ils peuvent pour dissimuler ou pour se dissimuler cette cruauté, pour organiser à l’échelle mondiale l’oubli ou la méconnaissance de cette violence que certains pourraient comparer aux pires génocides (il y a aussi des génocides d’animaux : le nombre des espèces en voie de disparition du fait de l’homme est à couper le souffle). De la figure du génocide il ne faudrait ni abuser ni s’acquitter trop vite. Car elle se complique ici : l’anéantissement des espèces, certes, serait à l’œuvre, mais il passerait par l’organisation et l’exploitation d’une survie artificielle, infernale, virtuellement interminable, dans des conditions que des hommes du passé auraient jugées monstrueuses, hors de toutes les normes supposées de la vie propre aux animaux ainsi exterminés dans leur survivance ou dans leur surpeuplement même. Comme si, par exemple, au lieu de jeter un peuple dans des fours crématoires et dans des chambres à gaz, des médecins ou des généticiens (par exemple, nazis) avaient décidé d’organiser par insémination artificielle la surproduction et la surgénération de Juifs, de Tziganes et d’homosexuels qui, toujours plus nombreux et plus nourris, auraient été destinés, en un nombre toujours croissant, au même enfer, celui de l’expérimentation génétique imposée, de l’extermination par le gaz ou par le feu.

Derrida avait inventé le terme « carnophallologocentrisme » pour parler du lien entre la consommation de chair, l’affirmation du pouvoir phallique et l’appropriation de la raison pour définir l’être l’humain.

 

 

Milan Kundera (1929)

Écrivain français, originaire de Tchécoslovaquie,

né le 1er avril 1929 à Brno (Moravie).

La vraie bonté de l’homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu’à l’égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l’humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard), ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c’est ici que s’est produite la plus grande faillite de l’homme, débâcle fondamentale dont toutes les autres découlent.

Ces mots-là m’ont particulièrement marqué : « Le véritable test moral de l’humanité, ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci. » Cela est si vrai ! Aussi vrai qu’il n’est que trop facile de se respecter seulement entre dominants.

 

 

Ruth Harrison (1920)

Auteure et activiste welfariste britannique,

née le 24 juin 1920, morte le 13 juin 2000.

Dans son livre Animal Machines :

La cruauté n’est reconnue que lorsqu’elle n’est plus rentable.

 

 

Claude Lévi-Strauss (1908)

Anthropologue et ethnologue français, né le 28 novembre 1908 à Bruxelles,

mort le 30 octobre 2009 à Paris.

Un jour viendra où l’idée que pour se nourrir, les hommes du passé élevaient et massacraient des êtres vivants et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans des vitrines, inspirera sans doute la même répulsion qu’aux voyageurs du XVIIe et du XVIIIe siècle les repas cannibales des sauvages américains, océaniens ou africains.

Depuis une quinzaine d’années, l’ethnologue prend davantage conscience que les problèmes posés par les préjugés raciaux reflètent à l’échelle humaine un problème beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente : celui des rapports entre l’homme et les autres espèces vivantes ; et il ne servirait à rien de prétendre le résoudre sur le premier plan si on ne s’attaquait pas aussi à lui sur l’autre, tant il est vrai que le respect que nous souhaitons obtenir de l’homme envers ses pareils n’est qu’un cas particulier du respect qu’il devrait ressentir pour toutes les formes de la vie.

Jamais mieux qu’au terme des quatre derniers siècles de son histoire l’homme occidental ne put-il comprendre qu’en s’arrogeant le droit de séparer radicalement l’humanité de l’animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il retirait à l’autre, il ouvrait un cycle maudit, et que la même frontière, constamment reculée, servirait à écarter des hommes d’autres hommes, et à revendiquer au profit de minorités toujours plus restreintes le privilège d’un humanisme corrompu aussitôt né pour avoir emprunté à l’amour-propre son principe et sa notion.

 

 

Marguerite Yourcenar (1903)

Première femme élue à l’Académie française, née le 8 juin 1903 à Bruxelles,

morte le 17 décembre 1987 à Bar Harbor, États-Unis.

Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’homme parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, s’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n’avions pris l’habitude des fourgons où les bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en attendant l’abattoir.

 

 

Theodor W.Adorno (1903)

Philosophe et sociologue, né d’un père juif allemand le 11 septembre 1903,

mort le 6 août 1969

Auschwitz commence lorsque quelqu’un regarde un abattoir et se dit : ce ne sont que des animaux.

 

 

Theodore Monod (1902)

Naturaliste et explorateur français, né le 9 avril 1902 à Rouen,

mort le 22 novembre 2000 à Versailles.

Ce qu’on peut critiquer, c’est cette prééminence exclusive donnée à l’homme, car cela implique tout le reste. Si l’homme se montrait plus modeste et davantage convaincu de l’unité des choses et des êtres, de sa responsabilité et de sa solidarité avec les autres êtres vivants, les choses seraient bien différentes. Ce n’est peut-être qu’un espoir.

 

 

Isaac Bashevis Singer (1902)

Écrivain juif polonais naturalisé américain, né le 21 novembre 1902 en Pologne,

mort le 24 juillet 1991 en Floride.

Tant que les êtres humains continueront à répandre le sang des animaux, il n’existera pas de paix dans le monde. La distance qui existe entre la création des chambres à gaz à la Hitler et les camps de concentration à la Staline n’est que d’un pas, car tous ces actes ont été perpétrés au nom d’une justice sociale et il n’y aura aucune justice tant que l’homme empoignera un couteau ou un pistolet pour détruire des êtres plus faibles que lui

Dans un de ses romans, quelqu’un s’adresse mentalement à un animal mort :

Tous ces érudits, tous ces philosophes, les dirigeants de la planète, que savent-ils de quelqu’un comme toi ? Ils se sont persuadés que l’homme, espèce pécheresse entre toutes, domine la création. Toutes les autres créatures n’auraient été créées que pour lui procurer de la nourriture, des fourrures, pour être martyrisées, exterminées. Pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ; pour les animaux, c’est un éternel Treblinka.

L’homme qui mange de la viande ou le chasseur qui s’accorde avec les cruautés de la nature maintient à chaque bouchée de viande ou de poisson que la force fait le droit.

 

 

René Magritte (1898)

Peintre surréaliste belge, né le 21 novembre 1898, mort le 15 août 1967.

 

René Magritte. Le modèle_rouge

Partie du tableau Modèle Rouge

C’est lors d’une conférence donnée en 1938 que Magritte a expliqué ce qu’exprimait son œuvre au nom énigmatique :

Le problème des souliers démontre combien les choses les plus barbares passent, par la force de l’habitude, pour être tout à fait convenables. On ressent, grâce au Modèle Rouge, que l’union d’un pied humain et d’un soulier en cuir relève en réalité d’une coutume monstrueuse.

 

 

 

Will Cuppy (1884)

Écrivain américain, né le 23 août 1884,

mort le 19 septembre 1949.

Quand un animal fait quelque chose, nous appelons cela instinct ; si nous faisons la même chose pour la même raison, nous appelons cela intelligence.

 

 

Albert Einstein (1879)

Scientifique, né le 14 mars 1879 à Ulm,

mort le 18 avril 1955 à Princeton.

Rien ne peut être aussi bénéfique à la santé humaine et augmenter les chances de survie de la vie sur terre que d’opter pour une diète végétarienne.

 

 

Upton Sinclair (1878)

Écrivain américain, promoteur du socialisme aux États-Unis,

né le 20 septembre 1878, mort le 25 novembre 1968.

Extrait de son roman La Jungle, écrit en 1905, décrivant et dénonçant la cruauté de l’abattage des animaux à Chicago et les pénibles conditions de travail des immigrés. L’ouvrage, très bien documenté, se base sur une enquête conduite sur place par Upton Sinclair lui-même pour le journal Appeal to Reason. L’immédiate réaction du public aboutit à la création du « Federal Meat Inspection Act » (loi sur l’inspection des viandes), une mesure concernant seulement l’hygiène. Déplorant l’incompréhension du public quant à l’objectif premier de son livre, Upton Sinclair déclarera amer : « J’ai visé le cœur du public et par accident je l’ai touché à l’estomac. »

Ce processus était si méthodique qu’il en était fascinant. On assistait à la fabrication mécanique, mathématique de la viande de porc. Pourtant, les personnes les plus terre à terre ne pouvaient s’empêcher d’avoir une pensée pour ces cochons, qui venaient là en toute innocence, en toute confiance. Leurs protestations avaient un côté si humain ! Elles étaient tellement justifiées ! Ces bêtes n’avaient rien fait pour mériter ce sort. C’était leur infliger une blessure non seulement physique mais morale que de les traiter de cette façon, sans même un semblant d’excuse, sans la moindre larme en guise d’hommage. Certes il arrivait à l’un ou l’autre des visiteurs de pleurer, mais cette machine à tuer continuait imperturbablement sa besogne, qu’il y ait ou non des spectateurs. C’était comme un crime atroce perpétré dans le secret d’un cachot, à l’insu de tous et dans l’oubli général.

 

 

Albert Schweitzer (1875)

Médecin, pasteur théologien protestant et philosophe franco-allemand,

né le 14 janvier 1875, mort le 4 septembre 1965

Tant qu’il n’étendra pas le cercle de sa compassion à tous les êtres vivants, l’homme ne trouvera pas de paix.

 

 

Mahatma Gandhi (1869)

Guide politique et spirituel, né à Porbandar le 2 octobre 1869,

mort assassiné à Delhi le 30 janvier 1948.

La grandeur d’une nation et ses progrès moraux peuvent être jugés de la manière dont elle traite les animaux.

Jamais je ne consentirais à sacrifier au corps humain la vie d’un agneau. J’estime que, moins une créature peut se défendre, plus elle a le droit à la protection de l’homme contre la cruauté humaine.

 

 

Romain Rolland (1866)

Écrivain français, né à Clamecy le 29 janvier 1866,

mort à Vézelay le 30 décembre 1944.

La cruauté envers les animaux et même déjà l’indifférence envers leur souffrance est à mon avis l’un des péchés les plus lourds de l’humanité. Il est la base de la perversité humaine. Si l’homme crée tant de souffrance, quel droit a-t-il de se plaindre de ses propres souffrances ?

 

 

Émile Zola (1840)

Écrivain et journaliste français, né le 2 avril 1840 à Paris,

mort le 29 septembre 1902.

Pour moi, je crois bien que ma charité pour les bêtes est faite de ce qu’elles ne peuvent parler, expliquer leurs besoins, indiquer leurs maux. Une créature qui souffre et qui n’a aucun moyen de nous faire entendre comment et pourquoi elle souffre, n’est ce pas affreux, n’est ce pas angoissant ?

La cause des animaux passe avant le souci de me ridiculiser.

Pourquoi la souffrance d’une bête me bouleverse-t-elle ainsi ? Pourquoi ne puis-je supporter l’idée qu’une bête souffre, au point de me relever la nuit, l’hiver, pour m’assurer que mon chat a bien sa tasse d’eau ? Pourquoi toutes les bêtes de la création sont-elles mes petites parentes, pourquoi leur idée seule m’emplit-elle de miséricorde, de tolérance et de tendresse ?

Pourquoi les bêtes sont-elles toutes de ma famille, comme les hommes, autant que les hommes ?

Alors, est-ce qu’on ne pourrait pas, de nation à nation, commencer par tomber d’accord sur l’amour qu’on doit aux bêtes ? De cet amour universel des bêtes, par-dessus les frontières, peut-être en arriverait-on à l’universel amour des hommes. […] Et cela, simplement, au nom de la souffrance, pour tuer la souffrance, l’abominable souffrance dont vit la nature et que l’humanité devrait s’efforcer de réduire le plus possible, d’une lutte continue, la seule lutte à laquelle il serait sage de s’entêter.

 

 

Louise Michel (1830)

Institutrice militante anarchiste française (pseudonyme : Enjolras), 

née le 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte, morte le 9 janvier 1905 à Marseille.

Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées aux bêtes.

J’aurais voulu que l’animal se vengeât, que le chien mordît celui qui l’assommait de coups, que le cheval saignant sous le fouet renversât son bourreau ; mais toujours la bête muette subit son sort avec la résignation des races domptées. Quelle pitié que la bête !

Depuis la grenouille que les paysans coupent en deux, laissant se traîner au soleil la moitié supérieure, les yeux horriblement sortis, les bras tremblants, cherchant à s’enfouir sous la terre, jusqu’à l’oie dont on cloue les pattes, jusqu’au cheval qu’on fait épuiser par les sangsues ou fouiller par les cornes des taureaux, la bête subit, lamentable, le supplice infligé par l’homme.

Et plus l’homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent.

J’ai mis la dernière phrase en gras, parce que je l’adore.

 

 

Jean-Henri Fabre (1823)

Naturaliste, écrivain français, né le 21 décembre 1823,

mort le 11 octobre 1915.

L’animal, bâti comme nous, souffre, comme nous, trop souvent victime de nos brutalités. Celui qui, sans motif, fait souffrir les bêtes, commet une action barbare, je dirais volontiers « inhumaine », car il torture une chair, sœur de la nôtre, il brutalise un corps qui partage avec nous le même mécanisme de la vie, la même aptitude à la douleur.

 

 

Charles Darwin (1809)

Naturaliste anglais,

auteur du retentissant ouvrage L’origine des espèces paru en 1859,

né le 12 février 1809 à Shrewsbury, mort le 19 avril 1882 à Downe.

Parce que ça les arrangeait pour étayer leur idéologie raciste et haineuse, certains se sont efforcés de ne retenir de Darwin qu’une seule chose : la compétition naturelle pour l’existence et l’élimination des moins aptes à la survie. Cette tentative de sortir cette idée de son contexte, pour la mettre en exergue, était motivée par la hideuse intention de créer, en quelque sorte, un super « Le lion mange la gazelle » autorisant tous les plus forts à écraser sans vergogne tous les plus faibles. Le « darwinisme social » pondu par le philosophe et sociologue anglais Herbert Spencer (1820-1903) prétendait justifier l’exploitation des ouvriers.

Qu’y a-t-il de plus lâche que de prêter volontairement de faux sentiments à l’esprit d’un défunt pour faire la promotion de ses propres idées ? Qu’y a-t-il de plus sale que de lui faire dire le contraire de ce qu’il proclamait quand il n’est plus là pour opposer son démenti ?

À la lecture des textes du grand Darwin qui suivent, on peut voir qu’il était sans ambiguïté pour la protection des plus faibles et qu’il nous encourageait à accepter les peuples non-humains dans notre sphère de compassion. Qui pourtant était mieux placé que lui pour savoir que le lion mange la gazelle ?

Dans L’origine des espèces, au moyen de la Sélection Naturelle. Traduit et cité par Chauvet :

La classification des formes, des fonctions organiques et des régimes a montré d’une façon évidente que la nourriture normale de l’humain est végétale comme celle des anthropoïdes et des singes, que nos canines sont moins développées que les leurs, et que nous ne sommes pas destinés à entrer en compétition avec les bêtes sauvages ou les animaux carnivores. […] Nous avons vu que les sens et les intuitions, les différentes émotions et facultés, comme l’amour et la mémoire, l’attention et la curiosité, l’imitation, la raison, etc., dont l’humain se vante, peuvent être trouvées à l’état naissant, ou même pleinement développées chez les animaux inférieurs. Les animaux, dont nous avons fait nos esclaves, nous n’aimons pas les considérer comme nos égaux.

L’homme dans son arrogance pense être une grande œuvre, digne de l’acte d’un dieu. Il est plus humble à mon avis, plus vrai, de le voir créé à partir des animaux.

L’humanité envers les animaux inférieurs est l’une des plus nobles vertus dont l’homme est doté, et il s’agit du dernier stade du développement des sentiments moraux. C’est seulement lorsque nous nous préoccupons de la totalité des êtres sensibles que notre moralité atteint son plus haut niveau.

 

 

Abraham Lincoln (1809)

Seizième président des États-Unis, né le 12 février 1809 dans le Kentucky,

mort assassiné le 15 avril 1865 à Washington.

Je suis en faveur des droits des animaux autant que des droits de l’homme.

 

 

Alphonse de Lamartine (1790)

Homme de lettres et politique français, né à Mâcon le 21 octobre 1790,

mort à Paris le 28 février 1869

Ma mère était convaincue, et j’ai gardé à cet égard ses convictions, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est l’une des plus déplorables et des plus honteuses infirmités de la condition humaine; que c’est une de ces malédictions jetées sur l’homme par l’endurcissement de sa propre perversité.

On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas.

 

 

Arthur Schopenhauer (1788)

Philosophe allemand, né le 22 février 1788 à Dantzig en Prusse,

mort le 21 septembre 1860 à Francfort-sur-le-Main.

Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence.

La compassion pour les animaux est si intimement liée à la bonté que l’on peut dire que quiconque est cruel envers les animaux ne peut être un homme bon.

L’homme a transformé la Terre en un enfer pour animaux.

On prétend que les bêtes n’ont pas de droit ; on se persuade que notre conduite à leur égard n’importe en rien à la morale, ou pour parler le langage de cette morale-là, qu’on n’a pas de devoirs envers les bêtes : doctrine révoltante, doctrine grossière et barbare, propre à l’Occident et qui a sa racine dans le judaïsme. En philosophie toutefois, on la fait reposer sur l’hypothèse d’une différence absolue entre l’homme et la bête admise en dépit de l’évidence.

 

 

Henri-Joseph Dulaurens (1719)

Écrivain français, né le 27 mars 1719,

mort le 17 août 1793.

Que dirait-on cependant si un chien, devenu chirurgien, cassait la jambe à un homme pour apprendre à guérir celle d’un autre chien ? Que dirait-on si un chat arrachait l’œil à un enfant pour voir comment les fibres médullaires du nerf optique sont étendues sur la rétine ? Que dirait-on enfin si une biche, armée du scalpel, ouvrait le ventre à une jeune mariée, pour y découvrir le mystère de la génération, ou seulement pour satisfaire sa curiosité ? Ne crierait-on pas au meurtre, à la cruauté ! Ne tuerait-on pas le chien, le chat et la biche, ou tout autre animal qui aurait osé commettre un attentat si horrible ? On ferait plus : les hommes irrités se ligueraient pour exterminer entièrement l’espèce qui aurait produit de si exécrables individus.

 

 

Jean-Jacques Rousseau (1712)

Philosophe et musicien francophone, né le 28 juin 1712 à Genève,

mort le 2 juillet 1778 à Ermenonville.

En total désaccord avec la vision mécaniste de l’animal-machine de René Descartes, Jean-Jacques Rousseau développa ce très bel argument qui résonnera jusqu’à Jeremy Bentham.

C’est la souffrance de l’animal qui donne des devoirs à l’homme. L’animal a le droit de ne pas être maltraité car, comme l’homme, il a la capacité de souffrir. Le critère qui doit gouverner la relation entre les hommes et les animaux n’est plus la supériorité intellectuelle, mais la capacité de souffrir, qui est commune aux deux.

[…]

L’homme est assujetti envers eux à quelque espèce de devoirs. Il semble, en effet, que, si je suis obligé de ne faire aucun mal à mon semblable, c’est moins parce qu’il est un être raisonnable que parce qu’il est un être sensible : qualité qui, étant commune à la bête et à l’homme, doit au moins donner à l’une le droit de n’être point maltraitée inutilement par l’autre.

 

 

Julien Offray de La Mettrie (1709)

Philosophe matérialiste, empiriste et médecin français,

né le 12 décembre 1709 à Saint-Malo,

mort le 11 novembre 1751 à Potsdam.

L’homme n’est pas pétri d’un limon plus précieux ; la Nature n’a employé qu’une seule et même pâte, dont elle a seulement varié les levains.

 

 

Voltaire (1694)

Né le 21 novembre 1694 à Paris,

mort le 30 mai 1778 à Paris.

Voltaire était végétarien. Son végétarisme n’était pas motivé par un souci de santé, mais exclusivement par l’éthique, la compassion envers les non-humains. Pour lui, le végétarisme est une :

…admirable loi par laquelle il est défendu de manger les animaux nos semblables… (Voltaire – Œuvres complètes Garnier tome21.djvu/269)

Un esprit végane avant l’heure ! Autres citations de lui :

Les enfants qui pleurent la mort du premier poulet qu’ils voient égorger, en rient au second.

Enfin il n’est que trop certain que ce carnage dégoûtant, étalé sans cesse dans nos boucheries et dans nos cuisines, ne nous paraît pas un mal ; au contraire, nous regardons cette horreur, souvent pestilentielle, comme une bénédiction du Seigneur, et nous avons encore des prières dans lesquelles on le remercie de ces meurtres. Qu’y a-t-il de plus repoussant que de se nourrir continuellement de chair de cadavre ?

[…]

Cependant je ne vois aucun moraliste parmi nous, aucun de nos loquaces prédicateurs, aucun même de nos tartufes, qui ait fait la moindre réflexion sur cette habitude affreuse, devenue chez nous nature. Il faut remonter jusqu’au pieux Porphyre, et aux compatissants pythagoriens, pour trouver quelqu’un qui nous fasse honte de notre sanglante gloutonnerie ; ou bien il faut voyager chez les brames : car, pour nos moines que le caprice de leurs fondateurs a fait renoncer à la chair, ils sont meurtriers de soles et de turbots, s’ils ne le sont pas de perdrix et de cailles ; et ni parmi les moines, ni dans le concile de Trente, ni dans nos assemblées du clergé, ni dans nos académies, on ne s’est encore avisé de donner le nom de mal à cette boucherie universelle. On n’y a pas plus songé dans les conciles que dans les cabarets.

À l’adresse des partisans de Descartes et de sa théorie de « l’animal-machine » qui pratiquent l’expérimentation animale :

Des barbares saisissent ce chien, qui l’emporte si prodigieusement sur l’homme en amitié ; ils le clouent sur une table, et ils le dissèquent vivant pour te montrer les veines mésaraïques.

Tu découvres dans lui tous les mêmes organes de sentiment qui sont dans toi. Réponds-moi, machiniste, la nature a-t-elle arrangé tous les ressorts du sentiment dans cet animal afin qu’il ne sente pas ? a-t-il des nerfs pour être impassible ? Ne suppose point cette impertinente contradiction dans la nature.

La chasse est le moyen le plus sûr pour supprimer les sentiments des hommes envers les créatures qui les entourent.

 

 

Jean Meslier (1664)

Prêtre et philosophe des Lumières français, né à Mazerny le 15 juin 1664,

mort en 1729.

C’est une cruauté et une barbarie de tuer, d’assommer, et d’égorger, comme on fait, des animaux qui ne font point de mal, car ils sont sensibles au mal et à la douleur aussi bien que nous, malgré ce qu’en disent vainement, faussement, et ridiculement nos nouveaux cartésiens, qui les regardent comme de pures machines sans âmes et sans sentiments aucuns […]. Ridicule opinion, pernicieuse maxime, et détestable doctrine puisqu’elle tend manifestement à étouffer dans le cœur des hommes tous sentiments de bonté, de douceur et d’humanité qu’ils pourraient avoir pour ces pauvres animaux. […] Il faut indubitablement croire aussi qu’ils sont sensibles aussi bien que nous au bien et au mal, c’est-à-dire au plaisir et à la douleur, ils sont nos domestiques et nos fidèles compagnons de vie et de travail, et par ainsi il faut les traiter avec douceur. Bénies soient les nations qui les traitent bénignement et favorablement, et qui compatissent à leurs misères, et à leurs douleurs, mais maudites soient les nations qui les traitent cruellement, qui les tyrannisent, qui aiment à répandre leur sang, et qui sont avides de manger leurs chairs.

 

 

Montaigne (1533)

Philosophe français né le 28 février 1533, mort le 13 septembre 1592.

Montaigne pensait déjà qu’il n’y avait pas de différence de nature entre les humains et les non-humains. Il les supposait capables de penser et d’avoir des émotions, bref d’être sentients, même si le mot n’existait pas encore. Appréciant leur intelligence, il s’indignait que l’on refusât de la reconnaître en attribuant ses manifestations à ce que nous appelons aujourd’hui de manière dévalorisante « l’instinct ». Il s’exprime à ce sujet dans ce texte :

Version originale :

… les facultez que nous y employons, et que nostre ame s’y sert de toutes ses forces: pourquoy n’en estimons nous autant d’eux ? Pourquoy attribuons nous à ie ne sçay quelle inclination naturelle et seruile, les ouurages qui surpassent tout ce que nous pouuons par nature et par art ?

Version traduite en français d’aujourd’hui :

… nous mettons en jeu de nombreuses facultés et notre âme s’y applique de toutes ses forces; pourquoi n’estimons-nous pas qu’il en est de même chez eux ? Quelle raison nous fait attribuer à je ne sais quel instinct naturel et servile, des ouvrages qui surpassent tout ce que nous pouvons faire, tant naturellement qu’avec le secours de l’art ?

(Les deux versions de ce texte sont visibles ici : goo.gl/65m4mZ
Le texte original est aussi ici : goo.gl/FWvTVf)

Les naturels sanguinaires à l’endroit des bêtes témoignent d’une propension naturelle à la cruauté.

 

 

Léonard de Vinci (1452)

Peintre et savant italien, né à Vinci le 15 Avril 1452, mort à Amboise le 2 mai 1519.

Le jour viendra où les personnes comme moi regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent aujourd’hui le meurtre des êtres humains.

 

 

Plutarque (46)

Philosophe majeur de la Rome antique, d’origine grecque,

né à Chéronée en Béotie vers 46 et mort vers 125.

Vous me demandez pour quelle raison Pythagore s’abstenait de manger de la chair de bête ; mais moi ; je vous demande avec étonnement quel motif ou plutôt quel courage eut celui qui le premier approcha de sa bouche une chair meurtrie, qui toucha de ses lèvres les membres sanglants d’une bête expirante, qui fit servir sur sa table des corps morts et des cadavres, et dévora des membres qui, le moment d’auparavant, bêlaient, mugissaient, marchaient et voyaient ? Comment ses yeux purent-ils soutenir l’aspect d’un meurtre ? comment put-il voir égorger, écorcher, déchirer un faible animal ? Comment put-il en supporter l’odeur ? Comment ne fut-il pas dégoûté et saisi d’horreur quand il vint à manier l’ordure de ces plaies, à nettoyer le sang noir qui les couvrait ?

[…]mais quel repas monstrueux que d’assouvir sa faim d’animaux encore mugissants, que de se faire apprêter des bêtes qui respiraient, qui parlaient encore, que de prescrire la manière de les cuire, de les assaisonner et de les servir ! C’est de ceux qui commencèrent ces horribles festins, et non de ceux qui les ont enfin quittés, qu’on a lieu de s’étonner. Encore les premiers qui osèrent manger la chair des animaux pouvaient-ils s’excuser sur la nécessité. Ce ne fût pas pour satisfaire des goûts désordonnés, ni dans l’abondance des commodités de la vie, que, par une sensualité barbare, ils recherchèrent des plaisirs réprouvés par la nature et par l’humanité.

[…]Voilà cependant ce que nous faisons ; nous ne sommes sensibles ni aux belles couleurs qui parent quelques-uns de ces animaux ni à l’harmonie de leurs chants, ni à la simplicité et à la frugalité de leur vie, ni à leur adresse et à leur intelligence ; et, par une sensualité cruelle, nous égorgeons ces bêtes malheureuses, nous les privons de la lumière des cieux, nous leur arrachons cette faible portion de vie que la nature leur avait destinée. Croyons-nous d’ailleurs que les cris qu’ils font entendre ne soient que des sons inarticulés, et non pas des prières et de justes réclamations de leur part ?

 

 

Ovide (– 43)

Poète latin né en 43 av. J.-C en Italie, mort en 17 ou 18 ap. J.-C.

Extrait de son œuvre : Les Métamorphoses.

Vous avez le blé, les pommes qui pèsent,

Sur les branches souples ; vous avez le raisin qui gonfle.

Dans des vignes vertes, et les herbes plaisantes, les légumes

Que la cuisson fait doux et tendres ; vous avez le lait

Et le miel de trèfle. La Terre est prodigue

De provisions et ses nourritures

Sont aimables ; elle dépose sur vos tables

Des choses qui ne réclament ni le sang ni la mort.

Hélas, quelle méchanceté que de faire avaler de la chair par notre propre chair,

Que d’engraisser nos corps avides en y enfournant d’autres corps,

Que de nourrir une créature vivante de la mort d’une autre.

 

 

Confucius (– 551)

Philosophe chinois né le 28 septembre 551 av. J.-C. à Zou, mort le 11 mai 479 av. J.-C. à Qufu.

Quiconque a entendu les cris d’un animal qu’on tue ne peut plus jamais manger de sa chair.

 

 

Pythagore (– 580)

Philosophe grec né vers 580 av. J.-C. à Samos, mort vers 495 av. J.-C.

Tant que les hommes massacreront les bêtes, ils s’entretueront. Celui qui sème le meurtre et la douleur ne peut en effet récolter la joie et l’amour.

 

 

 

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