QR janvier et février 2014

 

Lucie B :

Dans le tome 5, vous dites, je vous cite :

La curiosité purement intellectuelle est un mets rare ordinairement consommé par certains esprits qui ont le temps et l’occasion de s’affiner dans le confort et la sécurité, bien plus rarement par ceux qui sont habités par la peur et préoccupés par les immédiates exigences matérielles inhérentes à la survie.

Voulez-vous dire qu’un pauvre est automatiquement moins cultivé qu’un riche ?

« Ordinairement » ne veut pas dire « automatiquement ». Non, je veux simplement dire que c’est plus facile de s’interroger sur les mystères divers et variés de notre monde dans la sérénité offerte par un confort de vie minimum que quand on est habité par la peur et les soucis matériels. Malgré cette évidence, il me semble que c’en est une, cela n’a pas empêché Kepler d’avoir été ce que l’on sait, dans des conditions d’existence loin d’être confortables.

Claire A :

Tu appelles

les vaisseaux : gravitants

Les avions ou hélicoptères : volants

Les voitures : roulants

Mais ce n’est pas très cohérent, car presque tous les autres mots ne changent pas du français d’aujourd’hui. Un fauteuil reste un fauteuil dans Il sera

Sans doute ! mais si j’inventais tous les mots, je serais le seul à savoir me lire !

il existe un accord tacite entre les lecteurs et «Il sera…» :

Le narrateur et les personnages utilisent une langue qui est celle de ce futur. Le lecteur est supposé comprendre cette langue. Pour des raisons pratiques, la langue que j’utilise pour remplir cet accord tacite (pour faire semblant comme disent les enfants) est le français. Par moments, cependant, certains mots n’existent que dans «Il sera…» parce qu’ils n’existent pas en français ou pour des raisons esthétiques ou d’exotisme.

 

Arnauld L :

dans il sera 1 Bartol se pose des questions :

Est-on son corps ? Est-on sa chair ? Est-on sa forme ?

As-tu une réponse à ces questions ?

Bartol ne m’en a donné aucune. Il est apparemment bien plus doué pour se poser des questions que pour leur apporter des réponses.

 

François M :

Je lis dans le tome 1

Les étoiles restaient immobiles, rappelant aux hommes combien l’Univers est grand et combien ils sont petits.

Pourquoi les étoiles restent immobiles même quand on avance et pourquoi cela montre que les hommes sont petits ?

Le texte exact est :

« Les étoiles demeuraient parfaitement immobiles, rappelant aux hommes, sans la moindre arrogance, mais dans la plus grande indifférence, combien elles sont lointaines, combien l’Univers est grand et combien ils sont petits. »

Pour un instant donné, plus la distance que nous parcourons est petite par rapport à la distance d’un objet observé, plus le défilement semble lent. On voit très bien en voiture que les arbres au bord de la route défilent beaucoup plus vite que les montagnes au loin. Dans le cas extrême des étoiles, elles sont si distantes qu’elles restent pour ainsi dire fixes.

Ce qui nous montre donc qu’elles sont très loin. Ce qui nous fait réaliser que nous sommes bien petits par rapport à de telles distances.

 

Cathy M :

1) Combien y a-t-il de personnages dans Il sera, en comptant tous les tomes ? J’en ai compté environ 130.

2) Est-ce qu’il y a une part de toi dans Bartol ? Ou dans un autre personnage ?

1) Humains et non humains : 186 jusqu’au tome 6.

2) Je ne suis aucun personnage. Cependant, il y a certainement un peu de moi dans chacun de mes personnages ou presque. Dans Bartol comme dans beaucoup d’autres, oui, peut-être. N’oublions pas que, comme dirait SR, « nous sommes tous faits d’un peu de tous »… 🙂

 

Albert F :

À travers Il sera nous découvrons ce que vous nommez ” le ghetto “. Ses ” habitations ” misérables, ses ” habitants ” vivant dans le plus grand dénuement, la tentation de la drogue, les ” techniques ” pour survivre, ramener un peu d’argent, ne pas se faire arrêter par les forces de l’ordre…  La frontière entre les gens qui ont les moyens et ceux qui ne les ont pas… Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec nos ” cités ” actuelles. Je trouve votre récit à ce sujet très émouvant.

Pensez-vous que notre société pourrait se dégrader à ce point dans le futur ? Que les inégalités deviendraient à ce point énormes qu’il serait impossible d’offrir autre chose aux populations pauvres que ce ghetto ? Que les inégalités se poursuivraient jusque dans la façon de mourir (je pense aux Décoporés et aux Mondaginaires) ?

Est-ce une volonté de votre part de provoquer une sorte d’électrochoc aux lecteurs, une façon de leur dire ” attention, si on continue comme cela, voilà vers quoi notre société se dirige ” ?

Non ! Pas du tout ! Je ne veux pas dire à mes lecteurs « voilà vers quoi notre société se dirige » car nous en sommes déjà à ce point depuis très longtemps. Aujourd’hui, déjà, certains ont les fortunes que l’on connaît tandis que des enfants mangent des galettes de terre pour tromper leur faim. Comment pourrais-je dire : « Attention si on continue comme cela… » en sous-entendant que ce sera pire.

 

Malorie T :

Bonjour ! Je souhaiterais offrir quelque chose en rapport avec Il Sera à mon neveu. Il a maintenant 20 ans et est totalement fan de votre roman.

1) Existe t’il des produits dérivés ?

2) Serait-ce possible d’obtenir une dédicace sur un de vos livres ?

1) Non, il n’existe pas de produits dérivés. Je ne suis pas un bon commercial, j’avoue. Mais, une lectrice a fait un tee-shirt Il sera… J’ai vu ça sur facebook. C’est elle qui l’a fait imprimer.

2) Ce n’est pas facile parce que je ne vais sur aucun salon du livre et je ne fais pas de journée de dédicace. Mais, si vous voulez un tome ou plusieurs dédicacés, écrivez-moi pour me passer la commande des tomes désirés en me donnant votre nom et vos coordonnées.

 

Laura V :

Bonjour,

Avez-vous pensé à enregistrer vos livres en audio, lus par vous-même ou par un tiers ? Cela permettrait, entre autres, à un public de personnes déficientes visuelles d’avoir accès à vos oeuvres. Je dis “entre autres” car cela peut également être bénéfique pour des personnes âgées, ou tout simplement des personnes qui ne sont pas à l’aise avec la lecture numérique ou encore plus simplement à des personnes à qui la lecture en audio plait…

Non, je n’y ai pas pensé.

C’est sans doute une bonne idée, mais il faut que je trouve quelqu’un qui sache lire mieux que moi.

 

David C :

Vous évoquez différents moyens de transport, des voyages inter-planètaires, des constructions impressionnantes… mais jamais (à mon souvenir) aucun accident, même sans gravité, ne sont cités, ne serait-ce que lorsqu’un de vos personnages s’informe des actualités sur une vidéo-plaque. Pensez-vous que dans le futur, les hommes auront su, grâce à leurs avancées technologiques, atteindre le niveau de sécurité maximum et ainsi se protéger de tous les dangers ou presque ?

Sans doute que les véhicules du futur, débarrassés de leur pilote humain, seront considérablement plus fiables. Mais, je ne prétends pas pour autant qu’il n’y aura plus d’accidents. C’est seulement que je n’ai pas encore eu l’occasion d’en parler, c’est vrai.

 

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